La désensibilisation aux pollens, ça marche ?

Vos yeux larmoient et votre nez coule toujours à la même saison. Vous souffrez de ce que l’on appelle banalement un rhume des foins. Cette allergie saisonnière est provoquée par les pollens, de minuscules particules libérées par diverses plantes. Il est possible d’en contrôler les symptômes avec des médicaments (collyre, spray, broncho-dilatateurs, comprimés, etc.), par contre le seul traitement définitif est la désensibilisation.
Elle s’attaque à la source du problème. Son but est de rendre le système immunitaire à nouveau tolérant au pollen, en l’exposant progressivement à la substance qui le fait réagir inutilement. Son principe est simple. Il s’agit d’administrer régulièrement, sous forme d’injections sous-cutanées (ou de gouttes ou de comprimés sous la langue), des doses – au départ infinitésimales – de l’allergène incriminé, afin de développer peu à peu une tolérance. Au fur et à mesure du traitement, les doses sont augmentées jusqu’à atteindre la dose efficace pour que l’organisme ne réagisse progressivement plus à l’allergène. Après cette phase initiale, qui s’étale sur environ quatorze semaines, on passe à la phase d’entretien, sur trois ans, au cours de laquelle cette dose maximale est administrée à intervalles réguliers.
L’indication à la désensibilisation doit être posée par un allergologue. Elle est bien supportée et se pratique dès l’âge de 5 ans. Elle est réussie lorsque les troubles diminuent fortement, ce qui est le cas pour 60 à 70% des patients avec les pneumallergènes : pollens de graminées, d’herbacés ou d’arbre, et acariens de la poussière. La désensibilisation agit également avec les venins de guêpe et d’abeille. En revanche, elle ne fonctionne pas avec les allergies alimentaires ou les médicaments.

Crédit photo : pixabay.com